Cannabis : une start-up obtient la première licence en R&D

Si certains pays se sont lancés dans la recherche et le développement autour du cannabis depuis de longues années, la France a un train de retard sur la question. Cela n’empêche pas la première start-up à avoir obtenu une licence de R&D de prévoir de grandes choses pour le cannabis français. Retour sur cette première autorisation et les ambitions françaises en recherche et production autour du cannabis.

L’ANSM décerne un agrément de recherche sur le cannabis

Alors que le secteur du cannabis progresse à petits pas en France, le pays ayant autorisé les premiers essais cliniques pour le cannabis thérapeutique au printemps 2021, une start-up obtient la première licence en R&D. Overseed, fondée par Hugues Peribere, est une entreprise biotech qui cherche à développer la recherche et la production agronomique et génétique du cannabis en France. Ce projet est un travail de longue haleine, réfléchit pendant plus de deux ans avant d’obtenir l’agrément.

La France, en effet, cherche à se placer sur un marché qui est déjà en études dans d’autres pays. Toutes les analyses pour évaluer les probabilités de ce projet R&D se basent ainsi sur des expérimentations étrangères. Le fondateur, de fait, a dû se pencher sur la compréhension de ce marché hors de France, afin d’en assimiler les risques et les enjeux. Le projet se nourrit alors des expériences des acteurs déjà présents sur le secteur, afin que la France ne répète pas les erreurs de ses prédécesseurs.

L’agrément donne l’autorisation à la start-up de se lancer dans deux années de recherche et développement. Ces dernières se font en parallèle de tests sur 3 000 volontaires. La licence obtenue par la start-up est attribuée par l’Ansem. La structure effectue une analyse stricte du dossier présenté par l’équipe, analysant les protocoles et les aspects sécuritaires du projet. Ce dernier se voit enfin validé, permettant d’enclencher les démarches.

La licence donne le départ pour se placer sur le marché du cannabis

L’agrément qu’a obtenu la start-up biotech leur permet d’enfin lancer les projets de recherche et développement réfléchis. L’objectif de ces derniers, en effet, est de parvenir à se placer sur un marché concurrentiel, déjà envahis par des acteurs étrangers. Le programme de recherche permettra, dans un premier temps, de se faire une place dans le secteur pharmaceutique. Ce dernier peut déjà accepter certains médicaments, selon le cahier des charges de l’ANSM, de sorte à ancrer une production française.

À terme, toutefois, la licence permet surtout à la start-up de débloquer deux ans de recherche qu’ils peuvent utiliser pour réaliser toute une caractérisation du cannabis. L’équipe de R&D se chargera ainsi de catégoriser et identifier les cannabinoïdes et leurs fonctionnements. Une fois ces derniers déterminés, c’est l’ensemble du process de production qui pourra être certifié. Le développement différenciera le circuit agricole et la partie laboratoire, afin d’arriver à proposer des extraits certifiés BPF. Les patients pourront ainsi consommer de la fleur et des extraits de cannabis d’origine France.

Quels sont les enjeux de ce projet en R&D du cannabis ?

Cette première licence obtenue par Overseed signe le coup d’envoi des ambitions françaises pour le secteur du cannabis. La start-up possède déjà une serre hybride qui lui permet de se lancer aussitôt dans son développement. L’objectif, après tout, est de réussir à maîtriser leur production de cannabis afin de réaliser les premiers tests en laboratoire au plus tôt. La maîtrise passe, par exemple, par la mise à niveau des équipements de sorte à contrôler les conditions environnementales.

Grâce à ce contrôle, la partie agricole pourra stabiliser les expérimentations génétiques effectuées afin de la multiplier. Les lots génétiques seront ainsi utilisés pour des runs pharmaceutiques. Toute la culture se fera en hydroponie, en substrat neutre et substrat inerte. Ce choix se base sur l’expertise accumulée des essais réalisés dans d’autres pays, tels que le Canada ou les Etats-Unis. La firme s’assure ainsi de ne pas accumuler de retard dans son projet de R&D pour pouvoir intégrer, au plus tôt, le marché du cannabis. Elle espère ainsi, à terme, pouvoir fournir des médicaments français certifiés.

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