Le cannabis, sans impact sur les capacités neurocognitives ?

Les effets du cannabis sur le cerveau et les capacités cognitives ont toujours passionné la recherche et les gouvernements. Décrié par certains, clamé par d’autres, il était difficile de se positionner, car peu d’études longitudinales étaient effectuées. Une équipe de chercheurs européens semble pourtant avoir déterminé que le cannabis n’aurait pas d’effets négatifs particuliers sur les consommateurs.

Au long terme comme à l’instant T, le cannabis n’a pas d’effets négatifs

Plusieurs études sur le cannabis existent et continuent d’être développées par des chercheurs aux quatre coins du monde. Une équipe européenne, toutefois, s’est attelée à effectuer une des plus grandes études sur le cannabis. L’ambition du projet était, cette fois, de réaliser des tests à la fois à l’instant T que d’évaluer des effets sur la durée. Le résultat de cette étude, toutefois, n’est valide que d’après les critères établis par celle-ci.

D’une part, ils ont mesuré les capacités neurocognitives d’adolescents âgés de 14 ans. Les mêmes analyses covariantes ont été effectuées sur ces jeunes à 19 ans. En tout, 441 femmes et 363 hommes ont été soumis aux tests des chercheurs. De ces 804 adolescents, les chercheurs tirent comme conclusion que les capacités neurocognitives ne sont pas inférieures ou fragilisées à cause du cannabis. Cela, dans le cas où la consommation reste modérée et commence après l’âge de 15 ans.

La prise de décisions facilitée chez le consommateur de cannabis

L’étude ne pointe pas seulement que le cannabis n’aurait pas de conséquences négatives sur les capacités cognitives d’un individu selon des critères de consommation définis. D’après les résultats obtenus, il se trouve même que le cannabis pourrait améliorer la prise de décision des consommateurs. Ainsi, une consommation tardive et modérée ferait que les habitués du cannabis pourraient être plus vifs et réactifs dans leur quotidien.

Moins d’hésitation, plus d’assurance, soit un cerveau qui se questionne et s’enfouit sous les doutes moins souvent. Il n’y a alors pas de différences sur les capacités cognitives entre un consommateur ou un non-consommateur, hormis sa prise de décision améliorée. Cela se retrouve d’ailleurs tant sur les consommateurs étudiés à l’instant T que dans les résultats de l’étude longitudinale. Ainsi, sur le long-terme, cette amélioration cognitive semble continuer à se démontrer.

L’avantage d’une étude longitudinale sur le cannabis

C’est là tout l’avantage de la recherche effectuée par cette équipe européenne. De nombreux centres de recherche, en effet, se focalisaient simplement sur une étude transversale. Cela signifie qu’ils sélectionnaient un panel de participants selon un certain nombre de critères qu’ils testaient à un moment précis uniquement. Avec l’étude sur le long-terme, l’évolution de l’effet du cannabis a pu être testée chez les mêmes participants à deux âges différents.

Cette étude vient alors que de nombreuses recherches publiées dans les années précédentes semblaient donner des effets négatifs à la consommation du cannabis, tout en insistant qu’il était difficile de se prononcer. En effet, en l’absence d’études longitudinales, il devenait irréaliste de réaliser à quel moment le cannabis commençait à entrainer des effets négatifs ou quel type de consommation pouvait être lié à un possible déclin cognitif. Selon les paramètres de l’étude actuelle, après 15 ans et avec modération, en tout cas, il n’y aurait aucun effet négatif à craindre.

Un bond de fonds pour soutenir les recherches sur le cannabis

Cette étude tombe alors que de multiples pays investissent de plus en plus dans les recherches autour du cannabis et de ses bienfaits. Le Canada, par exemple, vient de débloquer un investissement de deux millions de dollars. Ce fond servira notamment à soutenir près de 18 projets s’intéressant à des populations peu étudiées. Cela pourrait permettre, par exemple, d’étudier les effets du cannabis sur des maladies mentales telles que la schizophrénie. Après tout, le CBD, molécule du cannabis, semble d’ores et déjà bénéfique pour traiter la maladie d’Alzheimer.

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