Peut-on conduire avec un niveau de THC élevé dans le sang ?

« J’ai consommé du cannabis, il y a deux jours, ai-je le droit de conduire ?« , « Je viens de fumer un joint, est-ce que je peux prendre le volant ?« … Les consommateurs de cannabis ayant le permis se posent souvent 1000 et 1 questions. La revue Traffix Injury Prevention a publié récemment une étude démontrant que la présence de THC dans le sang ou dans la salive n’indique en aucun cas si une personne est apte à conduire ou non.

Les niveaux de THC réduisent-ils les performances de conduite ?

Des chercheurs australiens se sont demandés si un taux faible de THC dans le sang d’un conducteur automobile était, potentiellement, moins dangereux qu’un taux élevé de THC. Les performances de conduite de 14 volontaires ont donc été minutieusement évaluées suite à la prise de taux différents de THC.

Tout d’abord, qu’est-ce que le THC ? Au sein de la plante du cannabis se trouvent différents cannabinoïdes, parmi eux, le THC. Le THC est considéré comme un psychotrope. Il est doté de propriétés psychoactives, ces propriétés agissent sur le psychisme et peuvent changer le rythme cérébral. C’est à cause de ces effets qu’il est interdit de conduire un véhicule après avoir consommé du cannabis.

L’étude menée par les chercheurs a été réalisée en plusieurs étapes. Les 14 participants ont été vaporisés d’échantillons de cannabis de différentes puissances. Ces puissances étaient au nombre de trois : THC élevé et CBD faible, ratios égaux THC et CBD et un échantillon placebo. Une fois ces échantillons vaporisés sur les participants, chacun a dû utiliser un simulateur de conduite. 30 minutes après l’inhalation, des échantillons de sang et de salive ont été prélevés sur chaque personne. L’opération a à nouveau été réalisée 3 heures et demie plus tard.

Quelle est la différence entre THC et CBD ?

Le THC, tétrahydrocannabinol et le CBD, cannabidiol, sont toutes deux des molécules présentes dans le cannabis. Cependant, la première est une substance psychoactive, dangereuse et potentiellement créatrice de comportements addictifs. Le CBD est quant à lui inoffensif pour la santé, il semblerait même qu’il possède de nombreuses vertus.

Si des études scientifiques sont encore en cours pour vérifier le potentiel du cannabidiol, de nombreux consommateurs utilisent déjà la substance pour soulager leur quotidien. Sous forme d’huile, de crème, de boisson ou de e-liquide, le CBD est décliné à l’infini par les commerces spécialisés. Ces derniers informent les consommateurs sur le bon usage du CBD, en fonction de l’effet recherché.

Ainsi, pour soulager les douleurs musculaires et articulaires, il est préférable d’opter pour une application cutanée telle que les huiles ou les crèmes. Pour arrêter de fumer, le e-liquide remplira sa mission à merveille. Concernant la conduite, le questionnement est cependant le même qu’avec le THC : peut-on conduire sous la prise de CBD ?

Si le CBD est connu pour ses nombreux bienfaits et son caractère inoffensif, il semblerait que sa consommation ne soit toutefois pas indiquée dans le cadre de la conduite automobile. Les effets du cannabidiol peuvent différer d’une personne à l’autre et influer sur l’humeur, l’état de fatigue et créer des vertiges. Mieux vaut donc s’abstenir de toute prise de CBD les heures précédent la conduite.

Les taux de THC dans le sang et dans la salive ne sont pas des mesures fiables de performance de conduite

Lorsque les forces de l’ordre pensent qu’un conducteur a consommé du cannabis, ils vont lui faire passer un test salivaire ou bien un test sanguin. Mais ces tests sont-ils réellement viables ? D’après les résultats de cette étude, non.

Les chercheurs ont conclu que la présence de THC dans le sang ou dans la salive ne montre pas si une personne est en capacité de conduire ou non, au contraire. La moitié des participants à cette étude n’ont pas montré de baisse de facultés au volant 30 minutes après l’inhalation des échantillons de cannabis, pourtant, leurs niveaux de THC étaient supérieurs aux limites imposées. Le plus inquiétant, c’est que plusieurs participants ont commencé à montrer une déficience 3 heures et demie plus tard. À ce moment-là, leurs niveaux de THC étaient inférieurs à la limite.

Les taux indiqués par les tests sanguins et les tests salivaires n’indiquent pas si une personne est en état de conduire ou non. De plus, il est difficile, voire impossible, de déduire combien de cannabis a été consommé et quand il a été consommé.

Voici la conclusion exacte de cette étude: « En raison des différences erratiques et dépendantes dans la pharmacocinétique du THC ainsi que de la variabilité inter et intra-individuelle significative, les concentrations sanguines et orales de THC, contrairement aux concentrations d’alcoolémie, fournissent peu d’informations sur la quantité de cannabis consommée ou la mesure dans laquelle une personne peut être intoxiquée. Collectivement, ces résultats suggèrent que les limites imposées ne représentent pas de manière fiable les seuils de conduite avec facultés affaiblies. »

Des résultats appuyant d’autres études et pointant les défauts de dépistage des drogues

D’autres études cherchant si la présence de THC est un indicateur fiable ou non ont été réalisées avant cette dernière. Les résultats de toutes ces études viennent se compléter et se valider. Alors, une exposition récente au cannabis provoque-t-il une altération des performances ?

Les résultats sont cohérents et pointent du doigt les défauts des techniques de dépistages de drogue utilisées. La mesure du taux de THC utilisée comme preuve de la déficience d’un conducteur n’est peut-être plus la bonne solution. Aucune de ces études n’a réussi à prouver la corrélation entre les niveaux de consommation de cannabis ou de THC dans le corps d’une personne et les niveaux de déficience.

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