Une étude recommande une légalisation raisonnée du cannabis pour soulager les forces de l’ordre

Joint de Cannabis

Une étude menée par le groupe de réflexion Terra Nova démontre que les répressions policières concernant la vente et la consommation de cannabis sont inefficaces. Les experts encouragent le gouvernement à s’intéresser d’avantage aux avis des forces de l’ordre concernant la législation de cette drogue.

Une justice débordée

La législation du cannabis, qu’il soit médical ou non, est en permanence en débat en France depuis de longues années. Et pour cause : les Français sont les premiers consommateurs de cannabis en Europe, avec 5 millions de fumeurs de marijuana dont 700 000 consommateurs quotidiens, selon un rapport de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) paru en 2017. Le gouvernement actuel n’entend pas baisser la répression concernant cette drogue, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin y étant fortement opposé.

Son prédécesseur n’était pas plus tendre, Gérard Collomb a renforcé aussi la répression en mettant en place une forfaitisation des délits liés aux stupéfiants, avec la possibilité pour les forces de l’ordre d’infliger des amendes de 200 euros aux consommateurs qui se trouvent sur la voie publique. Le but était d’alléger les magistrats, le paiement de l’amende remplaçant un passage au tribunal. Au final, le rapport montre que cette mesure n’a fait qu’ajouter une charge supplémentaire sur le dos des agents de la voie publique, tout en renforçant des tensions déjà bien présentes entre les jeunes et les forces de l’ordre.

Le dossier publié par Terra Nova montre que les contrôles policiers, les enquêtes, les arrestations menées par les forces de l’ordre sont vaines car elles n’aboutissent jamais. Alors que les magistrats croulent sous les affaires à traiter, les policiers ont l’impression que leurs actions ne mènent à rien. Un commissaire de police, qui gère une cellule de lutte contre les stupéfiants, indique dans l’étude que peu importe le nombre de « go fast » qu’il arrête, il est parfaitement conscient que ce sont uniquement des gouttes d’eau dans l’océan, les revendeurs allant tout simplement chercher leur cannabis chez d’autres fournisseurs. Les forces de l’ordre ont l’impression de faire face à une politique de répression à deux niveaux qui se retrouve contre-productive : la justice criminalise l’offre, mais ferme les yeux du côté de la demande.

Aller vers une législation raisonnée

Terra Nova propose en conclusion de son étude de ne plus être dans l’interdiction, mais plutôt dans la légalisation raisonnée pour lutter au mieux contre la consommation de cannabis. Les services judiciaires pourraient ainsi se concentrer sur les dossiers importants et des organismes de santé publique pourraient s’occuper de suivre les consommateurs et de contrôler la qualité des produits.

Ainsi, plutôt qu’une autorité de répression, le groupe d’experts encourage la création d’une autorité de régulation qui aurait pour objectif de contrôler les risques et de faire baisser de manière générale les consommations. Pour un policier d’une grande métropole française, cette forme d’autorité permettrait aussi d’éviter de pénaliser des publics déjà fragiles, les consommateurs et les revendeurs étant en majorité loin d’être des criminels mais plutôt des Français dans une grande situation de pauvreté et de misère sociale.

Les mentalités ne semblent cependant pas prêtes à changer. Fin octobre, une tribune était publiée par 50 élus du parti Les Républicains pour s’opposer fermement à la légalisation du cannabis, assimilant cette drogue à un « fléau à combattre » et argumentant sur le fait que si le cannabis était légalisé, les vendeurs se mettraient en quête d’autres drogues dangereuses pour pouvoir continuer leurs pratiques.

 

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